Face à l’urgence climatique, il est nécessaire de repenser notre manière de voyager. Bonne nouvelle : les solutions bas-carbone se multiplient. Coopératives citoyennes, innovations ferroviaires, mobilité partagée… Le paysage du voyage est en pleine transformation. Dans cet article, nous vous proposons un aperçu des solutions innovantes pour voyager bas-carbone.
Le tourisme : l’un des principaux vecteurs du réchauffement climatique
Le tourisme joue un rôle crucial dans l’augmentation des émissions mondiales de carbone. Et les transports pèsent lourd dans le bilan carbone du secteur : ils représentent 69 % de l’empreinte carbone du tourisme*. Quant à l’avion, il concentre à lui seul une part disproportionnée de l’impact carbone des déplacements touristiques (29 %*).
Dans la mesure du possible, il est donc recommandé de privilégier des modes de transport décarbonés. Cela dit, l’adoption de comportements plus responsables porte sur tous les pans du voyage : choix de la destination, des activités, de l’hébergement, fréquence des voyages chaque année, etc.
Chez HomeExchange, nous sommes convaincu·e·s que voyager autrement ne signifie pas renoncer à la découverte, ni se priver de confort ou de liberté. Découvrez ci-dessous des solutions pour continuer à explorer tout en limitant votre impact.
1. Sailcoop : la coopérative qui remplace le ferry par la navigation à voile

Sailcoop est l’une des initiatives les plus emblématiques du voyage bas-carbone. Cette coopérative maritime propose des traversées à la voile, en alternative aux ferries, vedettes à moteur et à l’avion.
Utilisant principalement la force du vent, le voilier aide à réduire considérablement les émissions de CO₂. Mais au-delà de l’aspect environnemental, le voyage devient une véritable aventure :
- Temps long assumé ;
- Vie à bord ;
- Déconnexion numérique ;
- Rapport direct aux éléments.
Certes, le temps de trajet est plus long qu’en ferry ou en avion, mais l’expérience est unique.
Sailcoop a déjà ouvert deux lignes régulières de transport à la voile :
- Entre Saint-Raphaël et Calvi, pour rejoindre la Corse en voilier plutôt qu’en ferry ou en avion. Et entre Concarneau
- Les Glénan, pour découvrir cet archipel breton sans emprunter les vedettes à moteur.
2. Interrail : (re)découvrir l’Europe en train

Interrail permet d’explorer pas moins de 33 pays européens en train. Le principe : un pass unique qui permet de prendre un grand nombre de trains dans chaque pays de manière simple et économique.
C’est une solution idéale si vous souhaitez explorer plusieurs régions/pays sans multiplier les billets et construire un itinéraire flexible, tout en limitant votre empreinte carbone. Mais pas seulement : traverser l’Europe avec Interrail, c’est aussi transformer le trajet en véritable aventure ferroviaire !
Interrail propose deux types de pass :
- Le Pass global : C’est le pass le plus connu. Il permet de voyager dans 33 pays européens, sur une durée variable (de 4 jours de voyage sur un mois jusqu’à 3 mois consécutifs). Il est particulièrement adapté pour les itinéraires transfrontaliers (ex. : France → Italie → Autriche → Allemagne), les voyages longs sans itinéraire figé, et pour remplacer totalement l’avion pour un « grand tour » de l'Europe.
- Le Pass un pays : Ce pass est dédié à un seul pays, au choix parmi la majorité des pays européens, dont la France, l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne ou encore la Suisse. Il offre un nombre de jours de voyage flexible (3 à 8 jours sur un mois en général). Il est parfait pour explorer un pays en profondeur et multiplier les étapes sans voiture.
3. Citiz : l'autopartage citoyen pour se libérer de la voiture individuelle

Posséder une voiture pour quelques trajets ponctuels n’a plus beaucoup de sens. Cela dit, lorsque la voiture est nécessaire, l’autopartage constitue une alternative plus sobre.
Citiz est un réseau coopératif est présent dans de nombreuses villes françaises. Il permet de louer des véhicules en libre-service pour une heure, un jour ou plus. Les voitures partagées du réseau sont accessibles dans 270 villes françaises, dont 130 gares SNCF pour faciliter les arrivées en train.
Quels sont les avantages ?
- Utiliser un véhicule uniquement quand c’est nécessaire ;
- Réduire le nombre de voitures en circulation ;
- Optimiser leur taux d’usage.
4. Explorer localement : le duo gagnant train + vélo

De plus en plus de voyageurs combinent train et vélo, notamment grâce à :
- L’amélioration de l’accueil des vélos dans les TER ;
- L’augmentation et l’amélioration des itinéraires cyclables sécurisés ;
- La généralisation des vélos électriques.
Il existe aujourd'hui de nombreuses applications et sites pour faciliter vos voyages en mode "slow". Vous pouvez notamment trouver des inspirations et des conseils pratiques sur :
- Geovelo : il s'agit de l’une des applications françaises de référence pour le calcul d’itinéraires vélo. Elle propose les meilleurs itinéraires en privilégiant les routes sécurisées et agréables.
- France Vélo Tourisme : le site recense des milliers de kilomètres d’itinéraires balisés, d’hébergements labellisés et de services adaptés. Elle facilite la combinaison train + vélo pour des vacances 100 % bas-carbone.
- Helloways : pour les amateurs·rices de marche, cette plateforme propose des randonnées accessibles en train ou en transports en commun. Elle aide à limiter la dépendance à la voiture pour les sorties nature.
5. « Bike & Boat » : combiner bateau et vélo pour un séjour 100 % mobilité douce

Combiner des vacances itinérantes à vélo avec des croisières fluviales ? Les vacances en croisière-vélo, aussi appelé tourisme fluvestre, incarnent parfaitement l’esprit du voyage bas-carbone. Le principe est simple : vous logez sur une péniche ou un bateau fluvial et vous parcourez les alentours à vélo, au gré de vos envies.
Déjà très développée dans certains pays européens, comme l’Allemagne ou l’Italie, cette forme de voyage en mode « slow » séduit aussi de plus en plus de Français. Il faut dire que la France compte des milliers de km de circuits à vélo à proximité des voies d’eau, comme le long de la Loire ou du canal du Midi, parmi tant d’autres.
Le bateau réduit considérablement les contraintes et besoins logistiques. Particulièrement pratique en voyage itinérant, cela vous permet de ne pas avoir à transporter vos bagages chaque jour et d’avoir toujours un point de chute avec douche, cuisine, etc. Le vélo, quant à lui, vous permet d’explorer en profondeur les territoires, de découvrir les paysages, les habitant·e·s et de faire vivre les commerces de proximité.
Ce mode de voyage est particulièrement vertueux d’un point de vue environnemental, car il permet parcourir de longues distances sans voiture ni avion, garantissant ainsi des émissions très faibles.
6. Le bateau-stop : redécouvrir la mer autrement

Cette tendance de voyage reste encore assez marginale, mais elle est en plein essor. Le bateau-stop consiste à embarquer comme équipier à bord de voiliers privés ou associatifs effectuant des traversées maritimes. Tout comme l’auto-stop « classique », cette pratique repose sur les rencontres, la confiance et le partage.
Du point de vue climatique, le bateau-stop à la voile est l’un des modes de transport les plus sobres pour les traversées maritimes, puisqu’il repose majoritairement sur l’énergie du vent.
Cette manière de voyager demande toutefois :
- de la flexibilité (les départs dépendent de la météo et des opportunités),
- une certaine adaptation à la vie à bord,
- un engagement (participation à la navigation, aux quarts, à la vie collective…) : vous embarquez en tant qu’équipier, pas en tant que simple passager.
Pour de nombreux·euses voyageurs·euses, le bateau-stop représente une aventure en soi, parfois même plus marquante que la destination.
Comment trouver un bateau-stop ?
- En ligne : La bourse aux équipiers, Crewbay et Sail the world sont des sites gratuits qui permettent de trouver une embarcation. Bon à savoir : en ligne, les capitaines recherchent davantage d’équipiers expérimentés que novices.
- Directement dans les ports : la recherche d’une traversée sur place peut être plus efficace. En effet, les marins apprécient de rencontrer en personne leurs futurs équipiers avant d’embarquer pour plusieurs semaines.
7. Hourrail : l’application communautaire pour voyager responsable

Nous le savons bien, le train est le champion incontesté du voyage bas carbone. Cependant, entre les prix, les correspondances, etc., il n’est pas toujours facile d’organiser son voyage.
Hourrail est un média dédié au voyage bas carbone qui recense un maximum de conseils et d’idées inspirantes pour voyager en train. La bonne nouvelle ? Leur application mobile est bientôt sur les rails (actuellement en phase de financement participatif).
Cette application permettra de simplifier l’organisation de voyages sans avion avec :
- Un calculateur recensant TOUS les trajets en train possibles (et leur impact carbone) ;
- La possibilité de créer des itinéraires et de réserver directement ;
- Des retours d’expérience et conseils de voyageurs·euses ;
- Des avantages pour profiter de tarifs exclusifs, etc.
Inscrivez-vous à la newsletter Hourrail pour ne pas rater la sortie de l'application !
8. Comparer et choisir : les outils pour mieux voyager
Choisir un mode de transport bas-carbone suppose de prendre un peu de recul sur les critères habituels (prix le plus bas ou durée la plus courte). Plusieurs outils permettent aujourd’hui de faire des choix plus éclairés, en intégrant l’impact environnemental.
Mollow : choisir l’option la plus sobre
Mollow est une plateforme française dédiée au voyage en train. Véritable mine de conseils et de bons plans pour voyager en train, Mollow simplifie la recherche de billets de train en regroupant les offres et les itinéraires disponibles.
C’est un outil précieux pour :
- Sortir des réflexes de recherche classiques de trajets ;
- Arbitrer entre plusieurs options ;
- Rendre le critère carbone visible et concret.
Abonnez-vous à la newsletter Mollow pour ne rater aucun bon plan.
Calculateur de l’ADEME : comprendre pour mieux décider
Le calculateur de l’ADEME (Agence de la transition écologique) ne sert pas à réserver, mais à comprendre. Avec cet outil, vous pouvez calculer l’empreinte carbone des différents moyens de transport pour partir en vacances en fonction d’une distance ou d’un itinéraire précis.
En estimant les émissions liées aux différents modes de transport, le calculateur aide à objectiver nos choix. C’est un outil précieux pour la prise de conscience et pour accompagner une démarche de réduction progressive de son empreinte.
Conclusion
Voyager bas-carbone en France, ce n’est pas renoncer à découvrir, mais changer de regard sur notre mode de voyage :
- Moins de kilomètres, plus de sens ;
- Moins de vitesse, plus d’attention ;
- Moins de consommation, plus de rencontres.
Un voyage bas-carbone ne s’arrête pas au transport. Séjourner plus longtemps au même endroit, consommer localement, limiter les déplacements quotidiens sont autant de leviers complémentaires pour diminuer l’impact de son voyage.
Grâce à toutes les initiatives qui se développent, la transition est déjà en marche. On se lance ?
Source : *ADEME
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